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«J’ai appris que la mort s’apprivoise»

L’Aubépine est un groupe d’une quinzaine de personnes qui a pris les devants sur la question de la mort. Son but est très concret: les membres s’aident mutuellement lorsqu’ils sont confrontés au décès d’un proche, afin de pouvoir vivre sereinement cette prise de congé.

La vocation est double. D’une part, le groupe épaule la famille endeuillée, en s’occupant du défunt à domicile, jusqu’à l’enterrement. Il s’occupe des soins usuels à la personne décédée, comme la toilette. D’autre part, ses membres philosophent sur la mort durant leurs quatre rencontres annuelles, en s’intéressant par exemple à la façon dont celle-ci est vécue dans d’autres civilisations.        

L’Aubépine s’est constitué il y a dix ans à l’initiative d’Anita Grandjean, à L’Aubier (Montezillon/NE), fondation à but idéal basée sur l’anthroposophie. Son père venait de décéder. «Cela s’est si bien passé, explique-t-elle, que je me suis dit que chacun devait pouvoir vivre la mort ainsi», avec sérénité et humanité.

Accueillir la mort avec sérénité

Pour comprendre pourquoi cette prise de congé a été si bien vécue, quelques explications s’imposent : malade, le père d’Anita Grandjean recevait chaque jour la visite d’une soignante à domicile. Un jour, celle-ci prévient la famille que le décès va survenir dans la nuit. Elle invite les proches à l’appeler, quelle que soit l’heure. Son patient a en effet expiré à 3 heures du matin et, prévenue par la famille, la soignante s’est immédiatement rendue à son chevet. «Elle est arrivée avec beaucoup de joie, raconte Anita Grandjean. Elle s’est mise à parler à mon père, de façon très naturelle, en le félicitant d’avoir fait le pas. Pour nous, cette spontanéité était extraordinaire: la mort faisait complètement partie de la vie!»

La soignante s’est occupée de la toilette du défunt, sans cesser de lui parler. Elle est restée deux heures, peut-être trois. «Comme cette prise de congé avait démarré dans la sérénité, analyse Anita Grandjean, elle ne pouvait plus se poursuivre dans l’hystérie».

Une valise mortuaire
Elle a proposé au groupe d’anthroposophes dont elle fait partie de mettre en place un système léger, prêt à intervenir lorsqu’un membre serait confronté au décès d’un proche. «L’idée était que quelqu’un apporte cette sérénité», explique-t-elle. A sa création, l’Aubépine s’est d’emblée occupé de la pratique. Ses membres ont constitué une valise prête à l’emploi, avec le matériel nécessaire à la toilette mortuaire et au maintien du corps durant les trois jours qui précédent l’incinération ; ils ont aussi établi une chaîne téléphonique. Le groupe était ainsi prêt à assumer le rôle de premier intervenant. Il a aussi cherché à établir le dialogue avec les entreprises de pompes funèbres de la région. «Deux d’entre elles se sont non seulement montré tolérantes, mais proactives», relève Anita Grandjean. En parallèle, ses membres ont beaucoup échangé sur la mort, pour comprendre notamment ce que veut dire mourir.  

Au plan personnel, Anita Grandjean dit être beaucoup plus sereine à l’égard de la mort grâce à L’Aubépine: «J’ai appris que la mort s’apprivoise. Elle fait maintenant complètement partie de moi, de manière très consciente. Les réflexions menées au sein du groupe ont changé énormément de choses pour moi».

Un modèle pour d’autres groupes?
Depuis sa création, L’Aubépine a gagné un membre ou deux. Mais son but n’est pas de croître en nombre, au contraire: pour que des affinités puissent se développer, le groupe doit forcément rester petit. «L’idéal, relève Anita Grandjean, serait que de nombreux autres groupes du même type se créent à travers le pays».     

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Anita Grandjean est co-fondatrice et membre de la direction collégiale de L’Aubier.

 

Forum für Sterbekultur | 27.04.17