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Groupes autour du mourir en Suisse romande

La Groupe " Autour du Mourir " à Lausanne

Frédérique List est responsable de la Communauté de travail " Autour du Mourir " à Lausanne. Professeur de formation, elle a travaillé auprès de personnes âgées, fait une formation d’accompagnante de fin de vie et d’aide- soignante. Elle est une des responsables de l’association Présence.

« La vie ne tient qu’à trois fenêtres, mourir, aimer, naitre. Tous les éblouissements, toutes les fractures s’y retrouvent. » Hélène Dorion

Pouvoir en parler ensemble : en décembre 2015, un petit groupe d’une quinzaine de personnes s’est réuni une fois par mois à Lausanne pour parler de la mort, un thème encore tabou pour grand nombre de contemporains. Le but était de s’y confronter ensemble, de s’ouvrir au vécu et aux questions de chacun.  Ce travail s’est au fil du temps étoffé de lectures anthroposophiques et autres, de contemplations d’œuvres d’art, de rencontres avec des professionnels, prêtres, infirmières, art thérapeutes. Le groupe s’est renouvelé en partie avec les années et continue aujourd’hui ses échanges au rythme d’une rencontre tous les deux mois le samedi après-midi sauf en été ; ses portes sont ouvertes à toute personne intéressée.

Rencontres régionales : dès 2016, des rencontres régionales au rythme de 1, 2 3 fois ou davantage par année ont lieu sur une journée. Elles ont accueilli psychothérapeutes, infirmières, médecins comme animateurs sur différents thèmes : Seuils de biographie, Correspondances entre naissance et mort, Massage rythmique, Contes etc. Ces rencontres permettent d’approfondir les thématiques, de développer de nouvelles perspectives de quotidien et de vie. La volonté de maintenir des prix bas les rendent abordables pour chaque budget.

Hommage aux défunts en poésie et musique : un petit groupe se réunit chaque année pour choisir des poèmes d’auteurs contemporains ou autres. Ces poèmes sont lus à diverses voix et accompagnés par de la musique improvisée sur différents instruments par un musicothérapeute. Le but est d’offrir, sur une heure environ, au mois de novembre, un espace intime, méditatif et musical dans lequel chaque participant peut évoluer, porter ses peines et ses espoirs et y accueillir ses défunts.
Association Présence :  L’accompagnement se choisit à un moment de la vie souvent suite à un diagnostic, une épreuve. Présence propose un soutien respectueux, attentif et bienveillant de la fin de vie.

L’écoute, la résonnance par les textes, la poésie, les ombres et les lumières de la biographie, l’accompagnement par le son, le mouvement par des thérapeutes sont au cœur de ce soutien. Un fonds d’entraide alimenté par des dons a pour objectif que chaque projet puisse se réaliser.

Perspectives : à Lausanne, la volonté d’ouvrir les portes et de créer des liens avec chacun a toujours été très présente Le but n’est pas de devenir membre de la Communauté de travail autour du mourir (même si chaque don et adhésion sont toujours bienvenus) mais de travailler ensemble, d’approfondir les questions de sens, de responsabilité et d’éthique que nous pose notre monde actuel. L’art qui nous relie par la musique, l’eurythmie, la poésie, la contemplation d’œuvres d’art font également partie de cette recherche. Les liens possibles avec l’anthroposophie se vivent alors non comme une vérité intouchable mais comme une possibilité de travail et d’ouverture.

Une nouvelle Initiative: Présence

Antje-Solveigh Streit, Chaleur de Vie dans les ténèbre


Présence propose un soutien attentif et respectueux lors d’une maladie, d’une fin de vie et après le décès dans un chemin d’ouverture et de bienveillance pour l’être et pour ses besoins.

Accompagnement, quand et comment ?
L’accompagnement se choisit à un moment de la vie, suite à un diagnostic, une épreuve ; il peut s’inscrire dans des directives anticipées. Il s’élabore avec la personne ou éventuellement avec sa famille. Après les premiers contacts, un entretien en présence permet de mieux situer les besoins et les souhaits qui peuvent également évoluer dans le temps.
Au cœur de ce soutien, la présence, l’écoute, la résonnance par les textes, la poésie, les images des lumières et des ombres de la biographie, l’accompagnement par le son, le mouvement, la à domicile ou dans un autre lieu, ce soutien peut se prolonger dans un espace de veille et de cœur autour des derniers moments et après le décès.

Cet accompagnement ne remplace pas la famille, le personnel médical, l’équipe de soins palliatifs et les accompagnants bénévoles ou autres qui entourent la personne malade ou en fin de vie.

Accompagnants Présence s’enracine dans le chemin spirituel anthroposophique de Rudolf Steiner et elle est en lien avec la Communauté des chrétiens dont le prêtre dispense des actes rituels ou sacrements accompagnant les mourants et les défunts. Présence se situe plus largement dans le vaste courant humaniste de toutes celles et de tous ceux qui, par leur vécus, leurs professions, leurs convictions donnent à la fin de vie son sens et sa dignité dans l’accueil de la destinée et la chaleur du cœur.
Le cercle d’accompagnants et de thérapeutes à l’origine de Présence se rencontre régulièrement autour d’études, de moments artistiques, de retours d’expériences autour de la fin de vie et du chemin de l’âme après la mort.
Ces échanges sont ouverts à celles et ceux qui se sentent proches de la philosophie de vie et de pratique de Présence, et aimeraient rejoindre son cercle. Au préalable, une expérience dans la fin de vie, une formation de base, Croix rouge, Doula de fin de vie ou autres peuvent être d’une grande aide pour devenir accompagnant.
Pour cette préparation au mourir et au devenir, Présence souhaite également constituer un réseau toujours plus large de thérapeutes accompagnants que ce soit dans la musique, l’eurythmie, la couleur ou les soins de chaleur.

Flyer

Contact et renseignements complémentaires :
Frédérique List, 079 589 60 68, frederique.list(at)bluewin.ch

Cercle fondateur :
Michaël Binder, musicothérapeute,
Frédérique List, accompagnante,
Bernadette Savournin, eurythmiste thérapeute,
Judith Walterscheid, accompagnante.


Fonds d’entraide : un fonds d’entraide alimenté par des dons et des legs permet que l’accompagnement soit toujours accessible à toutes et à tous. Les thérapies spécifiques peuvent parfois être prises en charge par les caisses complémentaires. Que toutes celles et ceux qui alimentent ce fonds soient chaleureusement remerciés pour leur don aussi minime soit- il.

Il permet que chaque projet, quelle que soit sa durée puisse se réaliser !
IBAN Présence pour vos dons :
CH09 0900 0000 1600 4852 9

« Tout ce qui vit dans l’univers ne vit qu’en produisant le germe d’une vie nouvelle. L’âme elle aussi, ne s’adonne au vieillir et à la mort que pour développer en elle immortelle, une vie nouvelle. »
Rudolf Steiner

L’Aubépine à Montezillon/NE

« J’ai appris que la mort s’apprivoise »

Anita Grandjean est co-fondatrice et membre de la direction collégiale de L’Aubier.

L’Aubépine est un groupe d’une quinzaine de personnes qui a pris les devants sur la question de la mort. Son but est très concret: les membres s’aident mutuellement lorsqu’ils sont confrontés au décès d’un proche, afin de pouvoir vivre sereinement cette prise de congé.

La vocation est double. D’une part, le groupe épaule la famille endeuillée, en s’occupant du défunt à domicile, jusqu’à l’enterrement. Il s’occupe des soins usuels à la personne décédée, comme la toilette. D’autre part, ses membres philosophent sur la mort durant leurs quatre rencontres annuelles, en s’intéressant par exemple à la façon dont celle-ci est vécue dans d’autres civilisations.        

L’Aubépine s’est constitué il y a dix ans à l’initiative d’Anita Grandjean, à L’Aubier (Montezillon/NE), fondation à but idéal basée sur l’anthroposophie. Son père venait de décéder. «Cela s’est si bien passé, explique-t-elle, que je me suis dit que chacun devait pouvoir vivre la mort ainsi», avec sérénité et humanité.

Accueillir la mort avec sérénité
Pour comprendre pourquoi cette prise de congé a été si bien vécue, quelques explications s’imposent : malade, le père d’Anita Grandjean recevait chaque jour la visite d’une soignante à domicile. Un jour, celle-ci prévient la famille que le décès va survenir dans la nuit. Elle invite les proches à l’appeler, quelle que soit l’heure. Son patient a en effet expiré à 3 heures du matin et, prévenue par la famille, la soignante s’est immédiatement rendue à son chevet. «Elle est arrivée avec beaucoup de joie, raconte Anita Grandjean. Elle s’est mise à parler à mon père, de façon très naturelle, en le félicitant d’avoir fait le pas. Pour nous, cette spontanéité était extraordinaire: la mort faisait complètement partie de la vie!»

La soignante s’est occupée de la toilette du défunt, sans cesser de lui parler. Elle est restée deux heures, peut-être trois. «Comme cette prise de congé avait démarré dans la sérénité, analyse Anita Grandjean, elle ne pouvait plus se poursuivre dans l’hystérie».

Une valise mortuaire
Elle a proposé au groupe d’anthroposophes dont elle fait partie de mettre en place un système léger, prêt à intervenir lorsqu’un membre serait confronté au décès d’un proche. «L’idée était que quelqu’un apporte cette sérénité», explique-t-elle. A sa création, l’Aubépine s’est d’emblée occupé de la pratique. Ses membres ont constitué une valise prête à l’emploi, avec le matériel nécessaire à la toilette mortuaire et au maintien du corps durant les trois jours qui précédent l’incinération ; ils ont aussi établi une chaîne téléphonique. Le groupe était ainsi prêt à assumer le rôle de premier intervenant. Il a aussi cherché à établir le dialogue avec les entreprises de pompes funèbres de la région. «Deux d’entre elles se sont non seulement montré tolérantes, mais proactives», relève Anita Grandjean. En parallèle, ses membres ont beaucoup échangé sur la mort, pour comprendre notamment ce que veut dire mourir.  

Au plan personnel, Anita Grandjean dit être beaucoup plus sereine à l’égard de la mort grâce à L’Aubépine: «J’ai appris que la mort s’apprivoise. Elle fait maintenant complètement partie de moi, de manière très consciente. Les réflexions menées au sein du groupe ont changé énormément de choses pour moi».

Un modèle pour d’autres groupes ? Depuis sa création, L’Aubépine a gagné un membre ou deux. Mais son but n’est pas de croître en nombre, au contraire: pour que des affinités puissent se développer, le groupe doit forcément rester petit. «L’idéal, relève Anita Grandjean, serait que de nombreux autres groupes du même type se créent à travers le pays».